Je suis trop fière de cette histoire!!! C'est le dernier personnage que j'ai créé, ma belle et enflammée demi-succube que je joue présentement tous les mercredis. J'étais sur une phase d'inspiration quand j'ai eu l'idée du poersonnage, coup de chance! Alors voilà son histoire:
Les feuilles bruissaient doucement, agitées par une brise froide annonciatrice de la pluie à venir. L'obscurité, encore, recouvrait les pavés. Il faisait un temps glacial, la brume matinale se levait sous un mauvais présage et le soleil resterait à l'abri pour cette journée d'orage. La populace en ferait autant.
Mais une personne, dans la noirceur, finit par sortir dans l'air à la saveur hivernale. La silhouette se mit en marche, grande et mince, sans contours fixes, éclairée seulement des glauques espaces plus pâles entre les nuages noirs. Arrivée devant une demeure, elle prit forme en un être tout emmitouflé dans une grande cape de voyage. Il ouvrit la porte.
Si tôt le matin, tout le monde dormait. Respectant les habitudes de la maisonnée, il fit chauffer de l'eau et la versa dans la cuve où il se nettoya. Puis il se glissa nu dans le lit de la chambre des maîtres, près de la jeune femme qui s'y trouvait déjà. Caressée par deux mains chaudes et agiles, elle s'éveilla. Elle se jeta alors immédiatement dans les bras de l'autre, le couvrant de baiser.- Mon amour, mon amour! Tu as mis tant de temps à me revenir cette fois. J'ai eu si peur, si peur de te perdre.- Il n'y a pas d'orage assez menaçant pour m'empêcher de revenir te serrer tout contre moi.Sur ces mots, il conclut la discussion en occupant leurs deux bouches à une conversation plus directe et plus silencieuse. Elles ne voulurent plus se quitter.(Une description pourrait suivre, avec des détails, de la passion, du sang – je ne connais pas les fantasmes de tout le monde –, mais, pour le moment, l'inspiration n'y est pas alors prenez, si vous voulez, quelques secondes pour vous imaginer la scène selon vos propres préférences, tant qu'il y a de l'amour – hum, hum... je suis pas certaine pour ça! –, de la passion pure, de la chaleur et toute autre chose que vous voulez y voir. Ne massacrez pas la demoiselle, j'en ai besoin pour plus tard!!!)
Ils fusionnèrent et devinrent, l'espace d'un instant, une seule âme.
Le lendemain matin, il avait disparu et, deux jours plus tard, on vint lui annoncer la mort tragique de son époux. Elle pleura tant à cette annonce que l'on dit d'elle qu'elle aurait pu remplir un océan de ses larmes. Son fils aussi pleura, pour accompagner sa mère dans sa douleur, mais, en fait, il ne comprenait rien encore à ce qu'il s'était passé.
Elle entra alors dans une période noire. Elle refusait toute nourriture, ne buvait qu'un peu d'eau, se laissait dépérir pour ne plus souffrir. Quand elle apprit qu'elle portait un nouvel enfant, elle crut mourir sur le champ tant elle craint de l'avoir tué avant même de l'avoir mis au monde. Masi il était bien vivant et en bonne santé quand elle en fut libérée, quelques mois plus tard, en plein c½ur d'une journée de plein soleil.
Le premier fils accueillit sa petite s½ur avec le sourire, content de ne plus être seul, mais il changea vite d'avis quand il constata que sa mère prenait beaucoup plus de temps à s'occuper d'elle que de lui. La jalousie infantile est cruelle car l'enfant ne peut pas comprendre l'effort à fournir pour prendre soin d'un bébé, mais dans ce cas précis, c'était bien plus que les simples tâches relatives à la petite, c'était passionnel. La mère aimait vraiment davantage sa fille car elle compensait en quelques sortes pour l'amour de son mari qu'elle avait perdu. Donc, son grand frère avait une véritable raison d'être jaloux.
Une autre raison lui fut apportée alors que la petite avait cinq ans, lui neuf. Sa mère dans son trop plein d'affection, envoya la fillette à l'école, alors que lui devait travailler pour les faire vivre tous les trois. Encore une injustice dont la vie pouvait se trouver coupable puisqu'en ces temps éloignés seuls les hommes avaient le droit de travailler. Mais cela, il n'en fit pas la notice, empreint de compassion pour sa petite s½ur qu'il commençait à apprécier en secret, comprenant en vieillissant que c'était sa mère qu'il devait blâmer pour le manque d'attention.
C'est donc quand elle avait cinq ans qu'elle commença à aller à la petite école, une modeste villa en perdition que des s½urs avaient achetée pour y accueillir des enfants et les éduquer. Elle y apprit les bases du calcul et des lettres, un peu de couture et de tâches d'ordre ménager. Elle n'aimait pas particulièrement aller s'instruire auprès de ces ferventes nonnes, mais elle y trouvait son compte en apprentissage et en temps perdu, temps qu'elle n'aurait pas su remplir seule chez elle. Elle grandit dans cet environnement de petites filles bien sages et dociles, mais ne fut jamais capable de conformer son esprit au modèle que les s½urs tentaient d'y apposer. À neuf ans, elle ne comprenait pas encore pourquoi elle devait croire en celui qu'elles nommaient Dieu et qu'elles priaient si bien. Mais à cet âge, elle avait déjà compris, par contre, qu'elle n'était pas comme toutes les autres.
C'est vers cet âge qu'elle se rapprocha de son frère. Elle grandissait, mignonne comme tout, sage et obéissante, appliquée dans ses tâches. Lui, devenait un homme dans les champs avec ces autres paysans qui lui enseignaient le travail de la terre. Mais aucun des deux n'étaient à l'aise dans leur monde respectif et ils finirent par se rendre compte qu'ils n'avaient que l'autre qui comprenait ce qu'ils ressentaient. À l'école, les autres petites filles ne l'aimaient pas parce qu'elles ne concevaient pas qu'un enfant puisse vivre sans père. Aux champs, les autres hommes voyaient d'un mauvais ½il ce garçon de marin qui apprenait à la dure la vie d'un homme. Ils se mirent à tout se raconter et devinrent des amis plus qu'un frère et une s½ur.
C'est à treize ans que sa vie changea du tout au tout. Les bonnes s½urs vinrent un jour chez elle pour parler à sa mère. Elle n'entendit pas grand-chose avant que cette dernière la renvoie dans sa chambre, mais elle était intelligente et comprit immédiatement.- Bonjour madame, nous avons à converser de votre fille. Elle a maintenant treize ans et elle commence à être trop âgée pour la petite école. Cependant...C'est là que sa mère l'avait vue et chassée de la conversation. Le lendemain, elle vint lui dire en personne qu'elle devait aller au couvent. Elle eut alors sa première crise. Elle se mit à hurler à protester qu'elle refusait, à se débattre. Alors qu'elle lançait des objets à la tête de sa mère, son frère, qui venait de rentrer du travail, l'attrapa par derrière pour la calmer.
Elle fut enfermée dans sa chambre, la porte verrouillée à double tour. Elle s'enragea souvent dans les jours qui suivirent, ne sachant que trop bien à quoi servait le couvent. Deux seules options s'y offraient : devenir une parfaite petite épouse et que l'on vous trouve un riche et convenable mari ou devenir nonne. Elle refusait les deux et avec véhémence.
Quelques jours plus tard, une carriole vint la chercher quand même et elle fut entraînée de force à l'intérieur de ce qu'elle considéra comme son corbillard personnel. Elle partit au loin sous le regard fier de sa mère et celui, étrangement triste et désespéré, de son grand frère. Arrivée là-bas, on l'installa dans une chambre propre et on l'invita au souper qui devait avoir lieu quelques minutes après. Elle ne s'y rendit pas, profitant de sa soirée pour massacrer la petite pièce impersonnelle dans laquelle elle devait loger à l'avenir. Elle déchira les draps et tous les papiers qu'elle trouva, y comprit la Bible d'ont elle arracha les pages en reniant ce dieu auquel elle n'avait jamais cru. Elle décrocha les rideaux et tenta de s'en faire une corde, mais les histoires et les contes de fée ont tort à ce sujet, les n½uds ne tiennent pas. Elle finit par s'endormir, à bout de nerfs, dans le fouillis.
Des cris la réveillèrent quelques minutes plus tard. Une odeur rance de fumée la saisit aux narines et elle chercha la porte des yeux dans l'obscurité. Quand ses doigts attinrent sa surface, elle eut un frisson tant elle était froide, le feu était loin.
Elle sortit en toute hâte, se prenant les pieds dans sa robe. Elle tomba deux fois en cherchant la sortie. En colère après sa deuxième chute, elle déchira le bas de sa jupe à la hauteur de ses genoux. Enfin, la porte principale apparut devant elle et ce ne fut pas long qu'elle la franchit, épuisée d'avoir respiré trop de fumée et d'avoir tant couru. Alors qu'elle sortait, on aurait dit qu'elle transportait avec elle les vapeurs de l'Enfer car la fumée la suivait de près. À l'air libre, elle vit les s½urs, toutes en rang devant leur couvent qui brûlait dans l'aile est, à l'opposé de la chambre qu'on lui avait assignée. Malgré le froid, elle se précipita sans réfléchir dans les rangs de religieuses effrayées, fuyant cette vie dont elle ne voulait pas.
Les bois l'accueillirent en leurs feuillages d'un chuchotement nerveux. La jeune fille se fondit en eux et s'abandonna contre un arbre creux pour y finir sa nuit. À son réveil, la nature l'avait faite sienne : des brindilles s'étaient accrochées à ses cheveux et à ses vêtement, sa jupe déchirée s'était décorée de ronces et de pétales divers, ses manches étaient en lambeaux. Ses jambes saignaient par quelques entailles, mais elle se sentait plus libre que jamais.
De retour sur ses pieds, elle voulut rentrer, crier sur sa mère et laisser son frère la consoler en se blottissant dans ses bras. Elle n'en voulait pas tant à sa mère de l'avoir envoyée au couvent, c'était plutôt qu'elle l'ait fait contre sa volonté qui la dérangeait. Jamais elle n'avait demandé quoi que ce soit, toujours soucieuse d'être sage et serviable. Que la seule chose qu'elle ait refusée de faire lui soit imposée par la force, elle en était révoltée.
Elle chercha donc des yeux la route, le petit sentier de terre battue qu'ils avaient suivi en carriole pour se rendre de chez elle au couvent. Cependant, nulle part il n'était visible. Était-elle allée si loin en profondeur dans ces bois ou la route s'était-elle seulement évaporée? Elle ragea, mais prit son courage en main. Elle se mit en marche vers le soleil, s'éloignant de la fumée qu'elle distinguait à présent dans le bleu du ciel, seul véritable repère.
Pendant des jours, des nuits, des heures et une éternité, du moins elle en eut l'impression, elle erra parmi les arbres sans croiser de chemin. Le boisé ne lui avait jamais paru si immense, mais ce qu'elle considérait avant comme le bois près de l'église, car il débutait en son village natal derrière la chapelle, elle comprenait maintenant que c'était une forêt et qu'elle y était fortement perdue. Mais c'était libre et la tête haute, sans prendre le temps de s'inquiéter du danger, qu'elle marchait à travers les bosquets et les troncs en quête du moindre repère.
C'est son nom qui la réveilla un matin et elle su qu'elle n'était plus perdue. Elle répondit à l'appel avec ardeur, dépensant en cris le peu d'énergie que son errance à l'état sauvage lui avait laissé. Enfin, elle vit son frère apparaître à travers la brume de ce matin humide. Elle se jeta dans ses bras ouverts, sa tête appuyée avec tendresse sur la large poitrine qui lui était offerte. Il referma ses bras autour d'elle, la réchauffant toute entière, la serrant tout contre lui avec douceur.- Ne pars plus jamais! Jamais! J'ai eu si peur de te perdre.Il y avait dans la voix de son frère un désespoir troublant. Son c½ur à elle se mit à battre plus vite et elle releva la tête pour croiser son regard à lui.- Je reste avec toi. Pour toujours!Il ne dit pas ce qui était évident, il ne s'extasia pas en paroles inutiles. Il resta là, les yeux dans les siens, y plongeant sans gêne jusqu'à son c½ur palpitant. Il l'embrassa enfin et elle se détendit doucement dans ses bras. Il la sentit s'abandonner, céder à la peu, à l'épuisement et se donner toute entière à lui, à ce baiser qu'elle voulait voir s'éterniser dans l'infini.
Trouvant un village en suivant le sens de l'orientation plus développé de son frère, il leur paya une chambre dans une auberge en se faisant passer pour son fiancé. Ils passèrent là quelques semaines finalement, accumulant un peu d'argent en faisant quelques petites tâches sans importance dans le quartier, se rapprochant sans cesse davantage. Quand ils eurent vent de l'arrivée d'un groupe de s½urs en pèlerinage, ils prirent la fuite.
Ce soir-là, ils firent l'amour dans la forêt, étendus sur un lit qu'ils s'étaient improvisé à l'aide d'une mousse moelleuse et douce qu'ils étendirent sur des rondeaux aplanis avec des branches de pin et des fleurs des champs. Près d'un petit feu, leurs ébats se firent naturels et passionnés, amoureux et tendres. Ils finirent par se dessouder, apaisés, satisfaits.
C'est à ce moment que sa troisième crise la prit par surprise. Elle se mit à délirer, les yeux révulsés, le corps recouvert d'un linceul de sueurs froides. D'étranges paroles sortaient de sa bouche, comme prononcées par d'autres êtres, cherchant à s'exprimer à travers elle. Elle était secouée de spasmes et les mots « flammes » et « feu » sortirent une ou deux fois avec sa propre voix comme canal. Il la regarda devenir folle, inquiet, ne sachant trop que faire.
Puis il perçut l'odeur du feu qui approchait. Il maudit le hasard et prit sa s½ur dans ses bras, l'un sous ses genoux, l'autre sous ses épaules. Ainsi chargé, il s'éloigna du danger que représentait le feu de forêt, fléau qui terrassait et terrorisait tous ceux qui pouvaient en être atteint. À l'abri, il la redéposa sur le sol puis s'assit près d'elle pour la surveiller.
Elle finit par émerger, comme prise d'une révélation. Le choc devait l'avoir affectée profondément ou elle délirait encore, déduit-il en la fixant d'un air incrédule tandis qu'elle expliquait ce qui venait supposément de se passer.- J'étais en train de brûler, plongée dans des flammes blanches que je sentais m'étouffer, mais une voix m'a parlé, chaude et réconfortante, d'ailleurs, je suis certaine que c'était celle de papa.Elle parlait vite et semblait trop agitée pour pouvoir se calmer.- La voix m'a dit que j'étais en sécurité et que je devais l'écouter, alors j'ai écouté attentivement. Elle m'a dit que j'étais différente, que j'avais un destin à accomplir, un destin important. Alors, elle a voulu m'en dire plus, c'est ce que j'ai cru du moins, mais ça s'est comme estompé et puis plus rien. Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris!- Moi non plus!Il lui dit ce qu'il s'était passé dans la réalité et elle en fut si surprise qu'elle ne le crut d'abord pas. Elle était tellement naïve. Ils poursuivirent leur route, mais maintenant, elle se posait toutes sortes de questions qui la troublaient. Elle songea à ce qu'elle avait appris de plus. Les feux, elle savait maintenant que c'était elle qui les créait. En tombant dans ce qu'elle appela ses crises, elle libérait une grande quantité d'énergie qu'elle canalisait en feu. Elle savait que cela arriverait encore, amis elle n'en dit rien à son frère, de peur de le perdre. S'il apprenait cela, lui aussi comprendrait qu'elle n'était pas forcément qu'humaine.
C'était la question qui l'embêtait le plus. Elle ne savait plus qui elle était en fait. Elle disait que la voix qu'elle avait entendue pourrait être celle de son père, c'était comme cela qu'elle se l'imaginait depuis toute petite, mais maintenant qu'elle y songeait plus en profondeur, elle comprenait qu'elle n'avait sans doute pas le même père que son frère, pas le père duquel sa mère lui avait tant parlé depuis son enfance.
Dans les années qui suivirent, donc, elle et lui voyagèrent énormément. Marchant de jour, s'installent le plus souvent dans les bois pour dormir, mais quelquefois dans une auberge quand la nuit s'annonçait froide. Elle profitait des nuits pour pratiquer ce don qu'elle savait en elle, pour apprendre à contrôler ce feu qui brulait dans son c½ur et qu'elle pouvait relâcher au besoin. Peu à peu, elle maîtrisa cette nouvelle puissance et en apprécia la présence. Cependant, même si, dans son état normal, elle le contrôlait de mieux en mieux, elle perdait tous ses moyens dès qu'elle entrait en crise, soit, à chaque fois qu'elle éprouvait une émotion trop forte.
Ses crises en elles-mêmes étaient troublantes. Provoquant de graves brasiers, elles ne lui rapportent plus aucune informations, la plongeant seulement dans les flammes blanches où elle pouvait reposer son esprit un instant sous les encouragements de la voix qui l'incitait à poursuivre son entraînement. Puis elle reprenait conscience, un peu perdue et troublée, avisant du feu qu'elle venait de provoquer, feu qui augmentait de puissance à chaque crise, suivant la progression de sa puissance personnelle.
Alors qu'elle avait dix-sept ans, un froid sordide les attaqua en plein mois de mai et ils durent se réfugier dans une auberge. Ils se payèrent un petit souper et prirent une chambre. Ils mangeaient quand la bagarre avait commencée. Elle s'était jetée derrière le comptoir auquel ils étaient installés, s'attendant à voir surgir son frère à côté d'elle à tout moment, mais il n'arriva pas. Au bout d'un temps, protégée d'un plateau, elle prit un risque et vérifia où il était. Il n'avait pas bougé. Il ne bougeait pas. Il ne bougerait plus! Une dizaine de petits couteaux étaient fichés dans son dos, une dizaine de petites taches écarlates.
Elle ne partit pas dans une de ses crises habituelles, elle devait garder le contrôle. Elle sentit plutôt un froid glacial l'envahir, comme une eau glacée qui remplaçait son sang en s'infiltrant en elle. Quand cette froideur l'eut engloutie toute entière et qu'elle se sentit pétrifiée, son feu vint entourer ses veines de glaces, lui réchauffer la chair, les os, la peau, mais laissant de côté le réseau figé.
Personne ne la vit, mais ils eurent tous conscience de sa présence au dernier instant de leurs vies. L'air ira au rouge orangé alors même que la température crevait des sommets en hauteur. L'auberge faisait partie de ces enfers que tous les croyants craignaient. Ils n'eurent pas le temps de crier que déjà leur dernier souffle s'était éteint en fumée.
Quand la vie eut quitté toutes ces personnes et qu'il ne resta plus des clients que quelques tas de cendres fumantes, elle traversa la pièce et récolta son dû, bien que le peu de pièces qu'elle trouva n'égalait en rien son c½ur brisé et la mort de son amant.
Après avoir dépouillé le sol de toute richesse, elle partit avec son frère, mort, dans ses bras. Il lui sembla léger dans sa détresse. Elle arracha les couteaux de sa chair et le brûla, lui offrant une sépulture d'herbe noircie et de larmes.
Elle quitta l'endroit le c½ur gros, emplie d'une douleur insondable et d'un mal de vivre nouveau, mais persistant. Quelques heures plus tard, elle avait perdu toute notion de temps ainsi qu'une part de sa vie qu'elle préférait oublier pour le moment. Sa tête lui tournait par moment, et encore quelques parcelles de souvenirs se cachaient au plus profond d'elle-même. Elle oublia que son frère était mort, elle oublia sa douleur, elle trouva dans la perte une grande naïveté et une tendance à la panique, mais c'était ainsi qu'elle devait se remettre pour passer au travers de cette épreuve. Ce n'était pas la meilleure manière de faire le deuil, mais son esprit la choisit comme seule option....plus grande l'image?