Looking for Angels, de Skillet

Voici, pour les intéressés, les paroles de la chanson "Looking for Angels" de Skillet:


Going through this life looking for angels
People passing by looking for angels

Walk this world alone, try to stay on my feet
Sometimes crawl, fall, but I stand up cause I'm afraid to sleep
And open my eyes to a new day, with all new problems and all new pain
All the faces are filled with so much anger
Losing our dignity and hope from fear of danger

After all the wars, after settling the scores
At the break of dawn we will be deaf to the answers

There's so much bigotry, misunderstanding and fear
With eyes squinted and fists clinched we reach out for what is dear
We want it we want
We want a reason to live

We're on a pilgrimage, a crusade for hope
Cause in our hearts and minds and souls we know
We need it we need
We need more than this

Going through this life looking for angels
People passing by looking for angels
Walking down the streets looking for angels
Everyone I meet looking for angels

So many nations with so many hungry people
So many homeless scrounging around for dirty needles
On the rise, teen suicide, when we will realize
We've been desensitized by the lies of the world

We're oppressed and impressed by the greedy
Whose hands squeeze the life out of the needy
When will we learn that wars, threats, and regrets
Are the cause and effect of living in fear

Who can help protect the innocence of our children
Stolen on the internet with images they can't forget
We want it we want
We want a reason to live

We represent a generation that wants to turn back a nation
To let love be our light and salvation
We need it we need
We need more than this

Going through this life looking for angels
People passing by looking for angels
Walking down the streets looking for angels
Everyone I meet looking for angels

I became a savior to some kids I'll never meet
Sent a check in the mail to buy them something to eat
What will you do to make a difference, to make a change?
What will you do to help someone along the way?

Just a touch, a smile as you turn the other cheek
Pray for your enemies, humble yourself, love's staring back at me
In the midst of the most painful faces
Angels show up in the strangest of place

Going through this life looking for angels
People passing by looking for angels
Walking down the streets looking for angels
Everyone I meet looking for angels

Going through this life looking for angels
People passing by looking for angels
Walking down the streets looking for angels
Everyone I meet looking for angels

Going through this life looking for angels
People passing by looking for angels...



Et la traduction, retouchée par moi-même pour être correcte et sensée:


Parcourant cette vie en cherchant des anges
Des gens l'ignorant, cherchant des anges

Parcourant ce monde seul, j'essaie de rester debout
Parfois je tombe, je rampe, mais je me relève, car j'ai peur de dormir
Ouvrir mes yeux sur un nouveau jour, avec tous ses nouveaux problèmes et ses nouvelles douleurs
Tous ces visages remplis de tant de colère
Perdant notre dignité et espérant à cause de l'insécurité

Après toutes les guerres, après le calcul des scores
À la lumière de l'aube nous seront sourds aux réponses

Il y a tellement d'esprits bornés, confus et apeurés
Avec les yeux lorgnés et les poings résolus, nous nous abaissons pour ce qui nous est cher
Nous le voulons, nous voulons
Nous voulons une raison de vivre

Nous sommes en quête, une croisade pour l'espoir
Car dans nos coeur et nos têtes et nos esprits, nous savons
Nous en avons besoin, nous avons besoin
Nous avons besoin de plus que ça

REFRAIN :
Parcourant cette vie en cherchant des anges
Des gens l'ignorant, cherchant des anges
Marchant le long des rues en cherchant des anges
Tout ceux que je rencontre, cherchant des anges

Tellement de nations avec tant de gens dans la faim
Tellement de sans-abris furetant à la recherche de seringues sales
En hausse, les suicides d'adolescent, quand allons nous enfin réaliser
Nous avons perdu notre discernement dans les mensonges de ce monde

Nous sommes contrôlés et impressionnés par les riches
Dont les mains pressent comme d'une éponge la vie du misérable
Quand allons nous tirer la leçon que ces guerres, ces menaces et ces regrets
Sont les causes et les effets d'une vie dans la peur ?

Qui peut aider, protéger l'innocence de nos enfants
Volés sur l'internet par des images qu'ils ne pourront oublier
Nous le voulons, nous voulons
Nous voulons une raison de vivre

Nous représentons une génération qui veut retourner une nation
Pour laisser l'amour être notre lumière et notre salut
Nous en avons besoin, nous avons besoin
Nous avons besoin de plus que ça

REFRAIN

Je suis devenu un sauveur pour des gamins que je ne rencontrerai jamais
J'ai envoyé un chèque par la poste pour leur acheter de quoi manger
Que feras-tu, toi, pour amener une différence, améliorer ce monde ?
Que vas-tu faire pour aider quelqu'un le long du chemin ?

Juste un contact, un sourire lorsque tu tournes l'autre joue
Prie pour tes ennemis, humilies-toi, l'amour s'étend derrière moi
Au milieu des visages les plus endoloris
Les anges se montrent là où on ne les attend pas

REFRAIN 3x



Et la vidéo se trouve ici:
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# Postato lunedì 21 dicembre 2009 10:53

La Confession, de Manau

Voici, pour les intéressés, les paroles de la chanson "La Confession" de Manau:


Je ne sais pas pourquoi mon corps bascule,
les bâtiments devant moi ont un effet de recul.
Je ne touche plus le sol, mes pieds ont quitté terre.
Comme un tout petit vol, mon corps est projeté dans les airs.

Mais qu'est ce qu'il m'arrive, je ne comprends plus rien.
Je suis à la dérive et je me sens pas très bien.
Ça y est, je percute les pavés maintenant.
Dure a été la chute, je suis couvert de sang.

Allongé là, seul, sur le trottoir,
je perd la boussole, je ne peux pas le croire,
vais-je vraiment crever sous ce lampadaire.* ?
Je me suis fait shooter, ce mec avait un revolver.

J'ai du mal à respirer, je ne veux pas mourir.
J'ai vraiment déconné, j'ai tant de choses à dire.
J'entends au loin la sirène d'une ambulance.
Je crois qu'il est trop tard, je n'ai pas eu de chance.

[Refrain]
Mesdames et messieurs. Approchez de l'action
Ne soyez pas nerveux. Ne faites plus attention.
Mesdames et messieurs. Approchez de l'action
Et venez écouter la dernière confession.

Dites à ma mère et mes frères que je les ai aimés.
Ce mot de vocabulaire, je l'avais oublié.
Je n'ai jamais été un garçon parfait.
La délinquance m'a touché, mais je n'étais pas mauvais.

J'ai fait des tas de choses qui ne seraient pas bonnes à dire.
Que personne ne s'oppose si je parle d'un mauvais délire.
Et si je parle de filles, laissez-moi m'excuser.
Ce n'était pas facile pour elles, j'ai toujours déconné.

Faut dire que les sentiments, je ne les connais pas.
Je n'ai jamais pris le temps de les chercher en moi.
C'est bizarre, mais maintenant je regrette vraiment
de n'avoir pu aimer une femme avec des enfants.

La vie passe si vite et la mienne ce soir est stoppée.
Doucement elle me quitte, je ne l'ai pas volé.
C'est sûrement le jugement de toutes mes bêtises.
J'avais oublié que Dieu sur mon âme avait main-mise.

[Refrain]

Ça y est maintenant, je n'entends plus rien.
Il y a plein de gens, je me sens plutôt bien.
Des médecins s'agitent tout autour de moi.
Ça bouge et ça s'excite, je ne comprends pas pourquoi.

Je ne veux plus les calculer, je regarde le ciel.
La soirée est étoilée, la lune étincelle.
J'n'aurai jamais imaginé qu'la nuit était si belle.
C'est dans ces moments-là que tout d'un coup tout s'émerveille.

Oh ! ça y est, je me sens glisser
sur le chemin de la paix, je vais vous quitter.
L'étincelle, la flamme va me consumer.
Ne crachez pas sur mon âme, je n'l'ai pas mérité.

Voilà c'est mon heure et tout devient noir.
Le dernier jour d'un voleur, c'était mon dernier soir.

Mesdames et messieurs. Approchez de l'action
Ne soyez pas nerveux. Ne faites plus attention.
Mesdames et messieurs. Approchez de l'action
Et venez écouter ma dernière confession.




Et vous pouvez l'entendre ici:
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# Postato lunedì 21 dicembre 2009 10:21

Modificato lunedì 21 dicembre 2009 10:54

Autoportrait d'une âme en cage

Autoportrait d'une âme en cage
Sombre et menaçante, elle l'attendait immobile. Et l'autre l'observait, tout aussi immuable, calme, pétrifiée. Avec le regard flou de celle qui ne veut plus penser, elle voguait au rythme des doux battements de c½ur. Perdue sur le torrent de ses pensées, menant son frêle esquif d'une main faible, elle tentait d'éviter de s'échouer sur les crocs acérés de ses douloureux souvenirs. Attirant comme une flamme dans la totale obscurité, le visage cher qu'elle tentait vainement d'oublier flottait au-dessus du danger, menaçant à tout instant de faire couler ses larmes

Et la première attendait toujours, sans bruit. Rien ne venait troubler le silence confus, inquiétant. Le temps semblait figé. Et elle attendait, ancrée dans le sol, solide comme la montagne qui résiste à tout, mais aussi fragile d'apparence que les feuilles dorées à la fin du mois d'octobre quand les forêts ont revêtues leurs vives couleurs d'automne.

Et la seconde hésitait, la chute éternelle de sa mémoire soulevant l'écume blanche de sa souffrance. Elle ne savait pas si elle devait rester là, partir, avancer. L'écho de son indécision se répercutait autour d'elle, faisant bruisser les feuillages gris des arbres morts aux troncs d'un noir cendreux.

Elle avança d'un pas et s'arrêta devant la première. Elle leva les yeux pour en voir toute la façade. Grande et fière, elle semblait quand même brisée, comme prête à s'écrouler. C'est à ce moment que la pluie se mit à tomber et ses larmes à fuir, le sel des deux fluides ne formant plus qu'un sur ses joues. Et elle pénétra la première, entra en elle doucement, lentement, ses craintes ralentissant sa progression. Mais elle parvint à s'y immiscer toute entière, abandonnant derrière elle les arbres, la pluie, la nuit, les larmes et sa douleur. Elle oublia sa peine et profita de cet instant de paix. Et elle s'endormit un sourire aux lèvres sur le plancher de bois nu de la grande maison.

* * *

Il fait noir. En vrai comme en faux, il fait noir. Dans ma tête et dans ma vie, il y a un vide qui m'envahi. Je n'écris pas un poème. Je suis dans l'obscurité totale. Perdue je ne sais où. J'ai l'esprit aussi sombre que mon décor. Je m'écorche les jambes.

Où suis-je?

Le sol sur lequel je suis effondrée est fait de petites pointes métalliques qui m'entaillent la chair.

Que faire?

Me voilà délirante, paniquée. Je ne sais plus quoi faire. Je me relève de peine pour voir sans mes yeux. Je n'entends rien. Et puis non, j'entends quelque chose. Le tic-tac incessant du temps vient troubler mon cauchemar éveillé. Je tâtonne dans le noir, marchant sur ma douleur pour mieux la supporter. Je trouve enfin une surface dure. Je l'agrippe et me blesse la main. Des barreaux, aucune issue, je suis en cage, en prison.

Qu'ai-je fait?

Je n'ai pas mérité cela. Je n'ai rien fait. Je suis enfermée sans raison. Je veux partir, m'enfuir.

Qui?

Qui m'a enfermée ici? Qui s'est permit de faire cet acte abject et injustifié. Je n'ai pas mérité cela.

- Laissez-moi partir!

J'ai crié sans le vouloir. C'est sorti tout seul, mais c'était exactement ce qu'il fallait dire.

Pourquoi?

La liberté! Je comprends maintenant ce qu'elle signifie. Je comprends ce que c'est. J'étais libre. Enfermée dans ma liberté, je ne voyais pas à quel point j'étais libre. Maintenant que je ne le suis plus, je comprends. Je veux la retrouver.

Que se passe-t-il?

La lumière entre dans toute sa splendeur. Elle pénètre dans la pièce sous la forme du MAL incarné. Le MAL m'éclaire, me montre la pièce sommairement. Des étagères remplies de petites boîtes noires. Ma cage de barreaux raides recouverts de barbelés.

- Pourquoi

La question s'est échappée de mes lèvres dans un souffle. Je n'ai pu la retenir. Il reste impassible, silencieux. Il n'entend pas ma souffrance. Il ne me voit pas saigner. Il m'observe du bleu lumineux de ses yeux clairs. Il m'observe, mais ne me voit pas.

Que se passe-t-il?

Le MAL a le visage qu'on lui imagine. Plus je le regarde, plus je le hais. Plus je le regarde, plus je l'aime. Je ne peux ni l'haïr sans l'aimer, ni l'aimer sans l'haïr. Le MAL est là et s'immisce en moi subrepticement et je n'y peux rien faire. Il a atteint mon c½ur.

Que se passe-t-il?

Je n'ai rien vu. Il s'est approché et a plongé sa main dans ma poitrine comme dans de l'eau, du sang. Il a atteint mon c½ur et me le retire lentement de sa main gantée. Lentement pour que je le sente partir. Lentement pour que j'en souffre.

- Pourquoi?

La seule question qui me vient en tête. Il ne m'entend pas. Il a fini par le retirer. Il a mon c½ur sur la main. Il bat encore. Il se dirige vers l'étagère, prends l'une des boîtes noires, l'ouvre et y dépose mon c½ur saignant. Puis il repose la boîte sur l'étagère. Je sombre sans mourir.

* * *

Boum, boum!

Boum, boum!

Boum, boum, boum, boum!

C'est le bruit qu'elle entend quand ses paupières lourdes de souffrances dévoilent à son regard dénué de vie sa cage, son emprisonnement dont elle ne comprend rien. Larme de sang coule, coule vers ses lèvres douces à la pensée de l'évènement passé. Le c½ur qui bat, c'est le sien ou celui d'une autre, dans une boîte, sur une étagère près d'où elle est.

Boum!

Boum, boum!

La peur la saisit au ventre brusquement. Et si soudain il s'arrêtait. Si le silence pesait sur elle et sur la salle et que le c½ur s'arrêtait de battre. Qu'adviendrait-il de la propriétaire de ce battement sourd et continu. La mort! Peut-être finalement serait-ce mieux de mourir là que de vivre enfermée comme un animal sauvage dont l'espoir de la liberté a été à tout jamais retiré. Pouvait-elle encore trouver l'espoir quand même son c½ur ne l'habitait plus.

Boum, boum!

Inlassable battement de tambour, tam-tam tribal des nations désespérées de jamais les retrouver. Une lumière s'allume et elle voit autour d'elle mieux que jamais. Une autre jeune fille, dans une autre cage aux pointes rouges de son sang tout près d'elle l'observe. Et la première de reculer, se blessant un peu plus au passage. La compagnie de sa seule souffrance lui convient. Et encore les larmes roulent sur ses joues sous le regard livide, vide, de l'autre prisonnière.

Il n'y a plus d'espoir...



Essayez donc de deviner de quoi ça parle!


...plus grande l'image?
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# Postato venerdì 07 settembre 2007 12:25

Modificato giovedì 04 ottobre 2007 13:11

Narya

Narya
Je suis trop fière de cette histoire!!! C'est le dernier personnage que j'ai créé, ma belle et enflammée demi-succube que je joue présentement tous les mercredis. J'étais sur une phase d'inspiration quand j'ai eu l'idée du poersonnage, coup de chance! Alors voilà son histoire:


Les feuilles bruissaient doucement, agitées par une brise froide annonciatrice de la pluie à venir. L'obscurité, encore, recouvrait les pavés. Il faisait un temps glacial, la brume matinale se levait sous un mauvais présage et le soleil resterait à l'abri pour cette journée d'orage. La populace en ferait autant.

Mais une personne, dans la noirceur, finit par sortir dans l'air à la saveur hivernale. La silhouette se mit en marche, grande et mince, sans contours fixes, éclairée seulement des glauques espaces plus pâles entre les nuages noirs. Arrivée devant une demeure, elle prit forme en un être tout emmitouflé dans une grande cape de voyage. Il ouvrit la porte.

Si tôt le matin, tout le monde dormait. Respectant les habitudes de la maisonnée, il fit chauffer de l'eau et la versa dans la cuve où il se nettoya. Puis il se glissa nu dans le lit de la chambre des maîtres, près de la jeune femme qui s'y trouvait déjà. Caressée par deux mains chaudes et agiles, elle s'éveilla. Elle se jeta alors immédiatement dans les bras de l'autre, le couvrant de baiser.


- Mon amour, mon amour! Tu as mis tant de temps à me revenir cette fois. J'ai eu si peur, si peur de te perdre.

- Il n'y a pas d'orage assez menaçant pour m'empêcher de revenir te serrer tout contre moi.

Sur ces mots, il conclut la discussion en occupant leurs deux bouches à une conversation plus directe et plus silencieuse. Elles ne voulurent plus se quitter.

(Une description pourrait suivre, avec des détails, de la passion, du sang – je ne connais pas les fantasmes de tout le monde –, mais, pour le moment, l'inspiration n'y est pas alors prenez, si vous voulez, quelques secondes pour vous imaginer la scène selon vos propres préférences, tant qu'il y a de l'amour – hum, hum... je suis pas certaine pour ça! –, de la passion pure, de la chaleur et toute autre chose que vous voulez y voir. Ne massacrez pas la demoiselle, j'en ai besoin pour plus tard!!!)

Ils fusionnèrent et devinrent, l'espace d'un instant, une seule âme.

Le lendemain matin, il avait disparu et, deux jours plus tard, on vint lui annoncer la mort tragique de son époux. Elle pleura tant à cette annonce que l'on dit d'elle qu'elle aurait pu remplir un océan de ses larmes. Son fils aussi pleura, pour accompagner sa mère dans sa douleur, mais, en fait, il ne comprenait rien encore à ce qu'il s'était passé.

Elle entra alors dans une période noire. Elle refusait toute nourriture, ne buvait qu'un peu d'eau, se laissait dépérir pour ne plus souffrir. Quand elle apprit qu'elle portait un nouvel enfant, elle crut mourir sur le champ tant elle craint de l'avoir tué avant même de l'avoir mis au monde. Masi il était bien vivant et en bonne santé quand elle en fut libérée, quelques mois plus tard, en plein c½ur d'une journée de plein soleil.

Le premier fils accueillit sa petite s½ur avec le sourire, content de ne plus être seul, mais il changea vite d'avis quand il constata que sa mère prenait beaucoup plus de temps à s'occuper d'elle que de lui. La jalousie infantile est cruelle car l'enfant ne peut pas comprendre l'effort à fournir pour prendre soin d'un bébé, mais dans ce cas précis, c'était bien plus que les simples tâches relatives à la petite, c'était passionnel. La mère aimait vraiment davantage sa fille car elle compensait en quelques sortes pour l'amour de son mari qu'elle avait perdu. Donc, son grand frère avait une véritable raison d'être jaloux.

Une autre raison lui fut apportée alors que la petite avait cinq ans, lui neuf. Sa mère dans son trop plein d'affection, envoya la fillette à l'école, alors que lui devait travailler pour les faire vivre tous les trois. Encore une injustice dont la vie pouvait se trouver coupable puisqu'en ces temps éloignés seuls les hommes avaient le droit de travailler. Mais cela, il n'en fit pas la notice, empreint de compassion pour sa petite s½ur qu'il commençait à apprécier en secret, comprenant en vieillissant que c'était sa mère qu'il devait blâmer pour le manque d'attention.

C'est donc quand elle avait cinq ans qu'elle commença à aller à la petite école, une modeste villa en perdition que des s½urs avaient achetée pour y accueillir des enfants et les éduquer. Elle y apprit les bases du calcul et des lettres, un peu de couture et de tâches d'ordre ménager. Elle n'aimait pas particulièrement aller s'instruire auprès de ces ferventes nonnes, mais elle y trouvait son compte en apprentissage et en temps perdu, temps qu'elle n'aurait pas su remplir seule chez elle. Elle grandit dans cet environnement de petites filles bien sages et dociles, mais ne fut jamais capable de conformer son esprit au modèle que les s½urs tentaient d'y apposer. À neuf ans, elle ne comprenait pas encore pourquoi elle devait croire en celui qu'elles nommaient Dieu et qu'elles priaient si bien. Mais à cet âge, elle avait déjà compris, par contre, qu'elle n'était pas comme toutes les autres.

C'est vers cet âge qu'elle se rapprocha de son frère. Elle grandissait, mignonne comme tout, sage et obéissante, appliquée dans ses tâches. Lui, devenait un homme dans les champs avec ces autres paysans qui lui enseignaient le travail de la terre. Mais aucun des deux n'étaient à l'aise dans leur monde respectif et ils finirent par se rendre compte qu'ils n'avaient que l'autre qui comprenait ce qu'ils ressentaient. À l'école, les autres petites filles ne l'aimaient pas parce qu'elles ne concevaient pas qu'un enfant puisse vivre sans père. Aux champs, les autres hommes voyaient d'un mauvais ½il ce garçon de marin qui apprenait à la dure la vie d'un homme. Ils se mirent à tout se raconter et devinrent des amis plus qu'un frère et une s½ur.

C'est à treize ans que sa vie changea du tout au tout. Les bonnes s½urs vinrent un jour chez elle pour parler à sa mère. Elle n'entendit pas grand-chose avant que cette dernière la renvoie dans sa chambre, mais elle était intelligente et comprit immédiatement.


- Bonjour madame, nous avons à converser de votre fille. Elle a maintenant treize ans et elle commence à être trop âgée pour la petite école. Cependant...

C'est là que sa mère l'avait vue et chassée de la conversation. Le lendemain, elle vint lui dire en personne qu'elle devait aller au couvent. Elle eut alors sa première crise. Elle se mit à hurler à protester qu'elle refusait, à se débattre. Alors qu'elle lançait des objets à la tête de sa mère, son frère, qui venait de rentrer du travail, l'attrapa par derrière pour la calmer.

Elle fut enfermée dans sa chambre, la porte verrouillée à double tour. Elle s'enragea souvent dans les jours qui suivirent, ne sachant que trop bien à quoi servait le couvent. Deux seules options s'y offraient : devenir une parfaite petite épouse et que l'on vous trouve un riche et convenable mari ou devenir nonne. Elle refusait les deux et avec véhémence.

Quelques jours plus tard, une carriole vint la chercher quand même et elle fut entraînée de force à l'intérieur de ce qu'elle considéra comme son corbillard personnel. Elle partit au loin sous le regard fier de sa mère et celui, étrangement triste et désespéré, de son grand frère. Arrivée là-bas, on l'installa dans une chambre propre et on l'invita au souper qui devait avoir lieu quelques minutes après. Elle ne s'y rendit pas, profitant de sa soirée pour massacrer la petite pièce impersonnelle dans laquelle elle devait loger à l'avenir. Elle déchira les draps et tous les papiers qu'elle trouva, y comprit la Bible d'ont elle arracha les pages en reniant ce dieu auquel elle n'avait jamais cru. Elle décrocha les rideaux et tenta de s'en faire une corde, mais les histoires et les contes de fée ont tort à ce sujet, les n½uds ne tiennent pas. Elle finit par s'endormir, à bout de nerfs, dans le fouillis.

Des cris la réveillèrent quelques minutes plus tard. Une odeur rance de fumée la saisit aux narines et elle chercha la porte des yeux dans l'obscurité. Quand ses doigts attinrent sa surface, elle eut un frisson tant elle était froide, le feu était loin.

Elle sortit en toute hâte, se prenant les pieds dans sa robe. Elle tomba deux fois en cherchant la sortie. En colère après sa deuxième chute, elle déchira le bas de sa jupe à la hauteur de ses genoux. Enfin, la porte principale apparut devant elle et ce ne fut pas long qu'elle la franchit, épuisée d'avoir respiré trop de fumée et d'avoir tant couru. Alors qu'elle sortait, on aurait dit qu'elle transportait avec elle les vapeurs de l'Enfer car la fumée la suivait de près. À l'air libre, elle vit les s½urs, toutes en rang devant leur couvent qui brûlait dans l'aile est, à l'opposé de la chambre qu'on lui avait assignée. Malgré le froid, elle se précipita sans réfléchir dans les rangs de religieuses effrayées, fuyant cette vie dont elle ne voulait pas.

Les bois l'accueillirent en leurs feuillages d'un chuchotement nerveux. La jeune fille se fondit en eux et s'abandonna contre un arbre creux pour y finir sa nuit. À son réveil, la nature l'avait faite sienne : des brindilles s'étaient accrochées à ses cheveux et à ses vêtement, sa jupe déchirée s'était décorée de ronces et de pétales divers, ses manches étaient en lambeaux. Ses jambes saignaient par quelques entailles, mais elle se sentait plus libre que jamais.

De retour sur ses pieds, elle voulut rentrer, crier sur sa mère et laisser son frère la consoler en se blottissant dans ses bras. Elle n'en voulait pas tant à sa mère de l'avoir envoyée au couvent, c'était plutôt qu'elle l'ait fait contre sa volonté qui la dérangeait. Jamais elle n'avait demandé quoi que ce soit, toujours soucieuse d'être sage et serviable. Que la seule chose qu'elle ait refusée de faire lui soit imposée par la force, elle en était révoltée.

Elle chercha donc des yeux la route, le petit sentier de terre battue qu'ils avaient suivi en carriole pour se rendre de chez elle au couvent. Cependant, nulle part il n'était visible. Était-elle allée si loin en profondeur dans ces bois ou la route s'était-elle seulement évaporée? Elle ragea, mais prit son courage en main. Elle se mit en marche vers le soleil, s'éloignant de la fumée qu'elle distinguait à présent dans le bleu du ciel, seul véritable repère.

Pendant des jours, des nuits, des heures et une éternité, du moins elle en eut l'impression, elle erra parmi les arbres sans croiser de chemin. Le boisé ne lui avait jamais paru si immense, mais ce qu'elle considérait avant comme le bois près de l'église, car il débutait en son village natal derrière la chapelle, elle comprenait maintenant que c'était une forêt et qu'elle y était fortement perdue. Mais c'était libre et la tête haute, sans prendre le temps de s'inquiéter du danger, qu'elle marchait à travers les bosquets et les troncs en quête du moindre repère.

C'est son nom qui la réveilla un matin et elle su qu'elle n'était plus perdue. Elle répondit à l'appel avec ardeur, dépensant en cris le peu d'énergie que son errance à l'état sauvage lui avait laissé. Enfin, elle vit son frère apparaître à travers la brume de ce matin humide. Elle se jeta dans ses bras ouverts, sa tête appuyée avec tendresse sur la large poitrine qui lui était offerte. Il referma ses bras autour d'elle, la réchauffant toute entière, la serrant tout contre lui avec douceur.


- Ne pars plus jamais! Jamais! J'ai eu si peur de te perdre.

Il y avait dans la voix de son frère un désespoir troublant. Son c½ur à elle se mit à battre plus vite et elle releva la tête pour croiser son regard à lui.

- Je reste avec toi. Pour toujours!

Il ne dit pas ce qui était évident, il ne s'extasia pas en paroles inutiles. Il resta là, les yeux dans les siens, y plongeant sans gêne jusqu'à son c½ur palpitant. Il l'embrassa enfin et elle se détendit doucement dans ses bras. Il la sentit s'abandonner, céder à la peu, à l'épuisement et se donner toute entière à lui, à ce baiser qu'elle voulait voir s'éterniser dans l'infini.

Trouvant un village en suivant le sens de l'orientation plus développé de son frère, il leur paya une chambre dans une auberge en se faisant passer pour son fiancé. Ils passèrent là quelques semaines finalement, accumulant un peu d'argent en faisant quelques petites tâches sans importance dans le quartier, se rapprochant sans cesse davantage. Quand ils eurent vent de l'arrivée d'un groupe de s½urs en pèlerinage, ils prirent la fuite.

Ce soir-là, ils firent l'amour dans la forêt, étendus sur un lit qu'ils s'étaient improvisé à l'aide d'une mousse moelleuse et douce qu'ils étendirent sur des rondeaux aplanis avec des branches de pin et des fleurs des champs. Près d'un petit feu, leurs ébats se firent naturels et passionnés, amoureux et tendres. Ils finirent par se dessouder, apaisés, satisfaits.

C'est à ce moment que sa troisième crise la prit par surprise. Elle se mit à délirer, les yeux révulsés, le corps recouvert d'un linceul de sueurs froides. D'étranges paroles sortaient de sa bouche, comme prononcées par d'autres êtres, cherchant à s'exprimer à travers elle. Elle était secouée de spasmes et les mots « flammes » et « feu » sortirent une ou deux fois avec sa propre voix comme canal. Il la regarda devenir folle, inquiet, ne sachant trop que faire.

Puis il perçut l'odeur du feu qui approchait. Il maudit le hasard et prit sa s½ur dans ses bras, l'un sous ses genoux, l'autre sous ses épaules. Ainsi chargé, il s'éloigna du danger que représentait le feu de forêt, fléau qui terrassait et terrorisait tous ceux qui pouvaient en être atteint. À l'abri, il la redéposa sur le sol puis s'assit près d'elle pour la surveiller.

Elle finit par émerger, comme prise d'une révélation. Le choc devait l'avoir affectée profondément ou elle délirait encore, déduit-il en la fixant d'un air incrédule tandis qu'elle expliquait ce qui venait supposément de se passer.


- J'étais en train de brûler, plongée dans des flammes blanches que je sentais m'étouffer, mais une voix m'a parlé, chaude et réconfortante, d'ailleurs, je suis certaine que c'était celle de papa.

Elle parlait vite et semblait trop agitée pour pouvoir se calmer.

- La voix m'a dit que j'étais en sécurité et que je devais l'écouter, alors j'ai écouté attentivement. Elle m'a dit que j'étais différente, que j'avais un destin à accomplir, un destin important. Alors, elle a voulu m'en dire plus, c'est ce que j'ai cru du moins, mais ça s'est comme estompé et puis plus rien. Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris!

- Moi non plus!

Il lui dit ce qu'il s'était passé dans la réalité et elle en fut si surprise qu'elle ne le crut d'abord pas. Elle était tellement naïve. Ils poursuivirent leur route, mais maintenant, elle se posait toutes sortes de questions qui la troublaient. Elle songea à ce qu'elle avait appris de plus. Les feux, elle savait maintenant que c'était elle qui les créait. En tombant dans ce qu'elle appela ses crises, elle libérait une grande quantité d'énergie qu'elle canalisait en feu. Elle savait que cela arriverait encore, amis elle n'en dit rien à son frère, de peur de le perdre. S'il apprenait cela, lui aussi comprendrait qu'elle n'était pas forcément qu'humaine.

C'était la question qui l'embêtait le plus. Elle ne savait plus qui elle était en fait. Elle disait que la voix qu'elle avait entendue pourrait être celle de son père, c'était comme cela qu'elle se l'imaginait depuis toute petite, mais maintenant qu'elle y songeait plus en profondeur, elle comprenait qu'elle n'avait sans doute pas le même père que son frère, pas le père duquel sa mère lui avait tant parlé depuis son enfance.

Dans les années qui suivirent, donc, elle et lui voyagèrent énormément. Marchant de jour, s'installent le plus souvent dans les bois pour dormir, mais quelquefois dans une auberge quand la nuit s'annonçait froide. Elle profitait des nuits pour pratiquer ce don qu'elle savait en elle, pour apprendre à contrôler ce feu qui brulait dans son c½ur et qu'elle pouvait relâcher au besoin. Peu à peu, elle maîtrisa cette nouvelle puissance et en apprécia la présence. Cependant, même si, dans son état normal, elle le contrôlait de mieux en mieux, elle perdait tous ses moyens dès qu'elle entrait en crise, soit, à chaque fois qu'elle éprouvait une émotion trop forte.

Ses crises en elles-mêmes étaient troublantes. Provoquant de graves brasiers, elles ne lui rapportent plus aucune informations, la plongeant seulement dans les flammes blanches où elle pouvait reposer son esprit un instant sous les encouragements de la voix qui l'incitait à poursuivre son entraînement. Puis elle reprenait conscience, un peu perdue et troublée, avisant du feu qu'elle venait de provoquer, feu qui augmentait de puissance à chaque crise, suivant la progression de sa puissance personnelle.

Alors qu'elle avait dix-sept ans, un froid sordide les attaqua en plein mois de mai et ils durent se réfugier dans une auberge. Ils se payèrent un petit souper et prirent une chambre. Ils mangeaient quand la bagarre avait commencée. Elle s'était jetée derrière le comptoir auquel ils étaient installés, s'attendant à voir surgir son frère à côté d'elle à tout moment, mais il n'arriva pas. Au bout d'un temps, protégée d'un plateau, elle prit un risque et vérifia où il était. Il n'avait pas bougé. Il ne bougeait pas. Il ne bougerait plus! Une dizaine de petits couteaux étaient fichés dans son dos, une dizaine de petites taches écarlates.

Elle ne partit pas dans une de ses crises habituelles, elle devait garder le contrôle. Elle sentit plutôt un froid glacial l'envahir, comme une eau glacée qui remplaçait son sang en s'infiltrant en elle. Quand cette froideur l'eut engloutie toute entière et qu'elle se sentit pétrifiée, son feu vint entourer ses veines de glaces, lui réchauffer la chair, les os, la peau, mais laissant de côté le réseau figé.

Personne ne la vit, mais ils eurent tous conscience de sa présence au dernier instant de leurs vies. L'air ira au rouge orangé alors même que la température crevait des sommets en hauteur. L'auberge faisait partie de ces enfers que tous les croyants craignaient. Ils n'eurent pas le temps de crier que déjà leur dernier souffle s'était éteint en fumée.

Quand la vie eut quitté toutes ces personnes et qu'il ne resta plus des clients que quelques tas de cendres fumantes, elle traversa la pièce et récolta son dû, bien que le peu de pièces qu'elle trouva n'égalait en rien son c½ur brisé et la mort de son amant.

Après avoir dépouillé le sol de toute richesse, elle partit avec son frère, mort, dans ses bras. Il lui sembla léger dans sa détresse. Elle arracha les couteaux de sa chair et le brûla, lui offrant une sépulture d'herbe noircie et de larmes.

Elle quitta l'endroit le c½ur gros, emplie d'une douleur insondable et d'un mal de vivre nouveau, mais persistant. Quelques heures plus tard, elle avait perdu toute notion de temps ainsi qu'une part de sa vie qu'elle préférait oublier pour le moment. Sa tête lui tournait par moment, et encore quelques parcelles de souvenirs se cachaient au plus profond d'elle-même. Elle oublia que son frère était mort, elle oublia sa douleur, elle trouva dans la perte une grande naïveté et une tendance à la panique, mais c'était ainsi qu'elle devait se remettre pour passer au travers de cette épreuve. Ce n'était pas la meilleure manière de faire le deuil, mais son esprit la choisit comme seule option.



...plus grande l'image?
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# Postato giovedì 27 settembre 2007 10:18

Modificato giovedì 04 ottobre 2007 13:03

J'aurais voulu t'aimer

J'aurais voulu t'aimer
Une petite connerie écrite à la va-vite sur un coup à l'écran directement, ce que je ne fais jamais, voyons ce que ça donne...


J'aurais voulu t'aimer davantage. J'aurais voulu me fondre en toi pour ne plus exister qu'à travers ton souffle, mais je n'ai pas pu. J'aurais voulu être, simplement pour être avec toi, avec ton éternelle présence en moi, derrière et devant moi pour précéder chacun de mes gestes et les conclure, avec toi à mes côtés pour me guider dans l'obscurité de ma vie. J'aurais voulu vivre pour toi, vivre pour n'avoir que toi comme vie et réalité. J'aurais voulu t'aimer, mais je n'ai pas pu.

J'aurais aimé savoir ce qu'est l'amour, juste pour toi, juste pour que nos battements de c½ur se confondent aux murmures de nos souffles emmêlés. J'aurais aimé savoir ce qu'est la passion pour te prouver que j'étais là, pour te prouver que j'existais pour toi. J'aurais aimé savoir ce qu'est la vie pour la partager avec toi, mais je ne suis pas de celles qui se sont instruites et la vie je ne la connaissais qu'à travers tes yeux, qu'à travers toi ainsi que je le voulais tant.

J'aurais tant cherché ta voix et ton sourire, mais jamais tu ne me les a offert comme je les aimaient. J'aurais tant cherché ton regard dans le mien, mais il ne m'appartenait pas. J'aurais tant cherché ta présence près de moi, mais tu n'étais jamais là.

J'aurais voulu t'aimer davantage, mais j'étais trop jeune pour comprendre que je t'aimais déjà trop.



...plus grande l'image?

Oui, je sais, elle est triste et morbide.
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# Postato giovedì 13 settembre 2007 17:46

Modificato giovedì 04 ottobre 2007 13:07